Créateur et fabricant français depuis 60 ans

Hommage - Dominique Soulard, “Gautier, toute ma vie”

C’est avec une très vive émotion que toute l’équipe Gautier vous fait part de la disparition de Dominique Soulard, qui nous a quitté paisiblement le 21 juin 2022. Avec passion et audace, Dominique a contribué à façonner Gautier. Et il en a fièrement porté les valeurs en Vendée, en France et à travers le monde.

“J’étais fidèle à mes valeurs, simplement et honnêtement. Je n’imaginais pas que cette ligne de vie allait se révéler fondatrice pour l’entreprise.”
Dominique Soulard

Ses débuts chez Gautier, au coeur d’un projet familial florissant

C’est à 17 ans, en juillet 1964, que Dominique rejoint Gautier. Sa grande sœur Annick, bercée par des valeurs de travail, d’amour et de solidarité, accompagnée de son époux Patrice Gautier, lui proposent un poste dans leur toute jeune entreprise. “Et pourquoi tu ne viendrais pas travailler chez nous ?” “Chez nous”, c’était Gautier.

L’entreprise en est à ses débuts et Dominique est le plus jeune dans l’usine. Il commence par la presse, puis le montage et l’emballage. Après neuf mois à se former à la fabrication des meubles, il décide de parcourir la France pour vendre les meubles Gautier. 

“Quand j’ai commencé avec ma petite trois chevaux, sur les routes de Bretagne, personne ne connaissait Gautier. [Nous n’avions] pas de photos de nos modèles, pas de dépliants publicitaires, encore moins de plaquettes… Juste quelques dessins de nos meubles.”
Dominique Soulard

Cela n’empêche pas l’entreprise de connaître le succès dès ses débuts. L’idée de fabriquer des chambres “pour les jeunes” séduit, et trouve aisément sa place sur un marché alors inexistant. De 1965 à 1980, Gautier croît de 45% en moyenne par an.  “Lorsque nous doublions le chiffre de l’année précédente, il fallait aussi doubler l’effectif !”  Si l’esprit familial aurait pu se perdre avec de tels changements, il s’installe au contraire comme la marque de fabrique de l’entreprise : “La majeure partie des salariés que nous recrutions était issue du monde rural. Très souvent, ils étaient membres de la même famille ! ”

Un dévouement aux quatre coins du monde

Dès 1972, pour occuper ses vacances, Dominique propose une idée à Patrice : partir en voyage à travers le monde, à la rencontre du marché du meuble. “Je suis parti sans le moindre contact, sans la moindre adresse : à l’aventure !” Après la Belgique, Gautier se développe aux Pays-Bas, en Angleterre, en Espagne, en Italie et jusqu’aux Etats-Unis, avec des filiales. Puis Dominique choisit d’installer la marque dans les pays arabes.

Toujours empreint de sincérité, Dominique contribue plus que professionnellement à la prospérité de Gautier. Quand il évoque, par exemple, l’un de ses partenaires israéliens, il n’hésite pas à préciser “Nous avons fait d’importantes affaires ensemble, mais plus encore, il est devenu un ami ”. Les exemples sont légions avec des partenaires à l’export. Certains sont d’ailleurs toujours clients Gautier aujourd’hui.

“Une famille unie, certes, mais ouverte sur le monde.”

Après la chute, une grève retentissante sans précédent en son honneur

Les années fastes de Gautier prennent fin subitement au début des années 80. “Avec la réussite en France et à l’international, nous nous sommes laissés bercer par une certaine euphorie. Nous étions sollicités par les pouvoirs publics pour reprendre des entreprises en difficulté.” La structure financière, affaiblie par des investissements risqués et très élevés, s’effondre avec la baisse d’activité liée à la crise économique. Pour Dominique, comme pour l’ensemble des collaborateurs, le réveil est terrible. “La sanction est arrivée en 1985 : non plus le dépôt de bilan, mais cette fois la liquidation. Un véritable drame.” 

L’entreprise Gautier est reprise par le groupe Seribo. Dominique conserve sa place de Directeur Général. Mais, suite à un différend en 1999 concernant un rachat de parts, Dominique s’oppose fermement à la décision du groupe et se voit remercié. 

En quelques minutes, je me suis retrouvé seul à la maison, laissant derrière moi une entreprise, des familles de collaborateurs, une histoire, celle d’Annick et Patrice, une épopée, l’aventure de la création de Gautier. Toute ma vie.

Contre toute attente, à l’unanimité, le personnel dans son ensemble, les cadres comme les ouvriers ou les salariés des filiales, se prononce en faveur d’un arrêt immédiat de l’usine ! “Jamais une seconde je n’aurais pu l’anticiper.” Et encore moins tout ce qui allait suivre.

Un comité de soutien industriel se constitue pour assurer le retour de Dominique, “une sorte de solidarité dont la Vendée a sans doute le secret”. Tous les médias ont suivi de près cet événement inhabituel et extraordinaire : des ouvriers qui semblaient s’être mis en grève pour défendre l’emploi… de leur patron ! Après une semaine, le quotidien national Le Monde titrait même : “Les salariés des Meubles Gautier font grève pour soutenir leur directeur". Plus de 800 personnes défilent dans les rues de la Roche-Sur-Yon. Tous derrière un seul mot d’ordre qui s’étale sur une grande banderole : “Rendez-nous Dominique”.

Sauver les meubles, au sens propre et figuré

Après deux semaines de grève, Dominique, avec sa femme et ses enfants, prend une décision aussi audacieuse que “déraisonnable ” : racheter Gautier. La somme est colossale et les efforts nombreux à fournir pour réussir. “Je ne sais pas si cela tenait de l’inconscience, mais cette situation ne m’a jamais empêché de dormir. J’avais confiance, simplement.” 

Avec son retour, la reprise du travail se fait dans “ une ambiance de coupe du Monde ” comme le dit la presse. Mais les défis restent nombreux. Dominique fait prendre un virage à Gautier : désormais, la marque développera son propre réseau ; sans pour autant tourner le dos aux diffuseurs traditionnels : “Nous avons pris la décision de lancer notre politique de magasins en propre : des magasins Gautier ! ”. En France comme à l’étranger, plus d’une centaine de magasins ouvrent. “Notre rentabilité a permis de faire face aux échéances de remboursements. (...) Je me dis que le destin nous a quand même aidés. ”

Tout ne s’est pas fait en un jour et rien ne s’est fait sans difficulté. ”

Les liens forts et vrais, tissés avec l’ensemble des collaborateurs, ont toujours fait partie de la formule gagnante de Dominique. “Nous constatons un fort sentiment d’appartenance non pas à l’enseigne mais à l’identité même de l’entreprise : celle d’un industriel, d’un créateur, d’un producteur en France, au cœur de la Vendée.” C’est dans cette dynamique, et suite à la fermeture du Salon de Paris où Gautier “savait recevoir”, que Dominique initie les “conventions Gautier” :  “L’idée nous est venue de réunir régulièrement tous nos partenaires pour leur rappeler nos valeurs, l’identité de notre entreprise, la qualité de nos produits ”. Comme une grande réunion de famille. 

Progressivement, Dominique a laissé place à ses enfants au sein de la Direction de Gautier. Une décision évidente à la lumière de tous les jalons qui ont forgé l’histoire de Gautier et de Dominique.

Dominique, entouré de sa femme Ginette, de ses enfants David, Hervé, Valérie et Arnaud 

“À la nouvelle génération de s’adapter, avec nos valeurs humaines et avec passion, mais surtout beaucoup de bonheur. En n’oubliant pas notre carte maîtresse de toujours. L’atout cœur.”
Si Gautier était la vie de Dominique, celle de Gautier n’aurait été la même sans la passion, l’audace et l’amour de son premier défenseur.

Message de Phillipe Raimbaud

Ami fidèle de Dominique, qui a su recueillir son témoignage pour son autobiographie "Atout Coeur"

Lorsqu’on évoque le miracle économique Vendéen, au « pays des usines à la campagne », on se réfère à l’engagement étonnant de créateurs qui ont su, à la force tenace de leur courage et de leur engagement, mener les hommes et l’entreprise sur la voie de la réussite. Par amour de leur pays. Par passion.

Dominique Soulard était l’un de ces hommes.

Et sans doute parmi les plus emblématiques.

Authentique, généreux et incroyablement combatif, il a mené Gautier vers les sommets. Depuis Le Boupère, au cœur du bocage vendéen, son attachement à ses racines familiales, aux vendéens et à son entreprise était tel que chacun se souvient qu’en 1999, tous ses ouvriers n’avaient pas hésité à se mettre en grève pour la défense d’un seul emploi : le sien, celui du « patron » dont les actionnaires d’alors voulaient se débarrasser.

Des déserts du Moyen-Orient aux rivages de la Mer Noire dans une Ukraine qui n’était pas encore tourmentée, de la Chine qui s’éveillait jusqu’aux soleils et aux sables de l’Arabie Saoudite, dès les années 70, Dominique est allé vendre ses meubles « made in France » - « Made in Vendée » ! - sur toutes les contrées de la planète, inlassablement, avec la foi de celui qui avait confiance en l’homme, en ce beau mot de « partenaire », agrémenté d’un adjectif plus fort encore, celui de « fidèle ».

Partout, en France et dans le Monde, des « partenaires fidèles » font rayonner le nom de Gautier, parce qu’un beau jour, au détour d’une rencontre aussi invraisemblable que culottée, ils ont cru en Dominique Soulard.

Pour ses collaborateurs comme pour sa ligne de vie, il avait inventé la règle des « 3 H » : Humilité, Honnêteté, Harmonie.

Sur cette « terre de géants et de genêts en fleurs », Dominique Soulard restera, et pour toujours, une source d’inspiration.

Vous pouvez vous aussi adresser un message à la famille à hommage@gautier.fr

(Re)Découvrez 60 ans d'histoire de Gautier en vidéo

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